Je suis ailleurs. Je suis loin, je suis en France. Loin de ma vie, loin de tout où je pensais que mon être appartenais. On m'a conseillé d'ecrire, de créer avec les nouveaux mots que j'apprends. Je ne sais pas si j'ai envie d'ecrire. Je ne sais pas si je veux ecrire en français. Je suis entourée d'une langue qui me paraissait étrangère jusqu'à peu de temps, bien que je la parlais, le sentiment n'était pas même. Ici j'ai appris les naturalistes. J'ai appris quelles étaient mes passions, et j'ai appris à quel point c'est important de garder le contact et d'aimer les personnes qui sont loin de nous. Quand on vis tous les jours avec les gens, on les considère comme des simples "GENS" et non plus comme des personnes qui sont importantes pour nous. On peux avoir le sentiment de considérer ces personnes comme importantes, mais on ne l'apprecie pas autant que quand on est loin. Tout le monde me manque là-bas. Tout ce que j'ai bâtit, ma ville, cette langue parlée, la culture de là-bas. Et me voilà à encore ecrire en français. J'ai perdu l'habitude de parler grec. Ca fait que 1 mois que je ne suis plus là, mais je ressens le besoin de toucher le sol de la Grèce. Maintenant je comprends tant de choses. Je comprends la souffrance de K. , il y a quelques années. Et la phrase de D. , qui me dit qu'on réalise vraiment ce qu'est notre pays une fois qu'on est parti, qu'on est plus là. Parce que la Grèce pour moi, c'est là. C'est moi. C'est tout. Je comprends à présent les naturalistes, comme je l'ai mentionné auparavant, j'ai appris à contrôler mes passions, et à en trouver d'autres. J'adore ce que je fais ici. J'adore ce que j'apprends, j'adore toutes les connaissances qui viennent à moi. J'ai trouvé en moi ce que je veux faire dans ma vie. J'ai trouvé en moi, quelles sont les éléments pour lesquels je veux me battre pour. Je me suis trouvée. Il ne reste plus que " l'orgasme " vienne, comme dirait K. , qui nous a pondu encore une de ces phrases sublimes : "Le Bac. C'est comme un orgasme, mais en un peu plus long. " . J'aime mes filles ici. No téstosterone en vue, dans la maison, il n'y a que des filles qui crient, qui rigolent, qui bossent, qui font des conneries, et qui sont simplement présentes. Alors on bouffe, on se la pète, on balance des expressions en grec et en allemand. L'allemande apprend le grec, et les grecques apprenent l'allemand. On s'amuse ici. On travaille aussi beaucoup. On échange aussi nos avis sur la seconde guerre mondiale, sur le mur de berlin et la guerre froide, qui selon K. encore une fois, n'est qu'une guerre qui implique des histoires de " sous-sous, et ça ne m'interesse pas. " C. me parle de son mec qu'elle aime, chacune partage ses moments, ses instants, sa vie. Ces moments passe, et on ne réalise pas à quel points ils sont importants. A quel point ces moments sont intenses, à quel point ces moments vont nous manquer quand tout le monde partira. Le Bac en poche, certes (on prie toujours Saint-Benoît) , mais quand même. Ce n'est pas que les bons moments. C'est aussi les enguelades, les cris, les réponses sur la défensive, les claques, les chieurs de TL1 pour K. , l'appendice de K. , la foulure de mon pied droit, les règles qui n'en finissent pas, les contrôles, le stress pour le Bac, le Bac, le Bac. Et oui ce putain de Bac commence le 12 Juin pour moi, je me retrouve à Chartres pour le bosser, et à Jean deboss ( je n'ai aucune idée de l'orthographe! ) pour le passer. Les résultats sont le 3 Juillet. Je suis heureuse ici. Je me sens entourée, protégée, remplie de connaissances interminables chaque jour qui passe.
Je voulais simplement écrire pou écrire.
Le reste, on verra bien.
